Accueil  ·  Nouvelles  ·  Projet de loi sur l'organisation et la gouvernance des commissions scolaires : aucune vision pour am

Projet de loi sur l'organisation et la gouvernance des commissions scolaires : aucune vision pour améliorer la réussite scolaire

17 décembre 2015

Après une première analyse du projet de loi sur la gouvernance et l’organisation des commissions scolaires, monsieur Jean-Yves Laforest, président de la Commission scolaire de l’Énergie, tient à exprimer sa profonde déception. « Je constate d’abord que le projet de loi ne propose rien de concret pour améliorer la réussite scolaire. Quelles seront les retombées de ces nouvelles mesures sur nos élèves? Ils ne sont même pas au cœur des préoccupations de cette réforme qui s’attarde davantage aux structures » indique monsieur Laforest.

Remise en question de la nouvelle gouvernance proposée
« L’objectif du projet de loi 86 vise à rapprocher l’école des lieux de décision et d’assurer la présence des parents au sein de l’instance décisionnelle de la Commission scolaire. Or, je constate justement une incohérence flagrante dans le document. Le ministre prétend décentraliser la décision vers les écoles alors qu’il augmente plutôt son pouvoir discrétionnaire et se donne donc la possibilité de ne pas tenir compte des décisions qui seront prises par le nouveau conseil scolaire » de mentionner monsieur Laforest.

« Par ailleurs, le projet de loi veut donner l’illusion que des pouvoirs additionnels seront accordés aux parents. Je crois, au contraire, que les 6 parents, qui seront présents au conseil scolaire, ne reflèteront pas nécessairement les préoccupations et revendications du comité de parents. Ils seront nommés par ce comité pour une période de 3 ans, mais n’auront plus de comptes à lui rendre par la suite. De plus, 4 personnes de la communauté provenant du milieu de la culture ou des communications, du sport et de la santé, des employeurs et du monde municipal, seront également appelées à siéger au sein du conseil scolaire. À la limite, rien ne pourrait empêcher que ces représentants viennent de l’extérieur du territoire de la Commission scolaire de l’Énergie. Et on prétend vouloir rapprocher l’école des centres décisionnels?

Le conseil des commissaires actuel est justement composé de plusieurs parents et de personnes représentant ces différents milieux. Il s’agit d’une équipe multidisciplinaire qui connait très bien le milieu de l’éducation et qui a à cœur la persévérance et la réussite scolaires de tous les élèves de la Commission scolaire de l’Énergie. Pour quelles raisons devrait-on le remplacer?

Enfin, bien que les directions d’établissement semblent obtenir certains gains, je ne constate pas beaucoup de changements dans le nouveau modèle proposé. En effet, une gestion participative existe déjà à la Commission scolaire de l’Énergie où tout le personnel d’encadrement collabore au processus de recommandation et de décision » d’ajouter le président de la Commission scolaire de l’Énergie.

Une démocratie virtuelle
« Le ministre Blais désire également abolir les élections scolaires et propose de remplacer cette démocratie par une procédure complexe qui sera mise de l’avant si 15 % des parents le souhaitent. Qu’est-ce qui justifie cette approche? Je crois qu’il désire simplement répondre aux revendications des communautés anglophones ou des milieux ruraux où le taux de participation aux élections scolaires est plus élevé. Il s’agit donc d’une procédure facultative, partielle, discriminatoire, voire virtuelle. Dans les faits, de quelle façon les payeurs de taxe pourront-ils être représentés? Tous devront payer, mais tous ne seront pas représentés.

Représentativité de la diversité de notre territoire
En vertu de leurs responsabilités, il y a toujours eu un devoir essentiel d’imputabilité et d’équité des élus scolaires envers la population qu’ils représentent. Comme rien ne garantit la représentativité des territoires, je suis particulièrement inquiet pour les petites municipalités de notre territoire qui perdront leurs représentants qui défendaient avec vigueur la survie de leurs services et de leurs écoles. Le territoire de la Commission scolaire de l’Énergie est composé de milieux urbains et ruraux et les commissaires se sont toujours investis afin de répartir équitablement les ressources financières et humaines. Avec la nouvelle structure proposée, qui défendra le maintien des plus petites écoles et des différents services, notamment dans les secteurs de Mékinac et de Maskinongé?  

Je pense notamment au dossier de l’école Sainte-Marie de Saint-Boniface. La municipalité a récemment proposé la construction d’un nouvel édifice pour accueillir les élèves, dossier qui a reçu l’appui du conseil des commissaires de la Commission scolaire de l’Énergie. Toutefois, le projet n’a pas encore reçu l’aval du ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. En l’absence de commissaires pour revendiquer l’importance de maintenir les élèves dans leur milieu afin de favoriser leur réussite scolaire, je crains fort que le ministre exerce son nouveau pouvoir de directives et réponde bêtement aux règles administratives en transférant les élèves de Saint-Boniface dans une école située dans un rayon de 20 km. La Commission scolaire devra-t-elle, à l’avenir, investir plus dans le pétrole que la réussite éducative? Si j’étais parent d’un élève à Saint-Boniface ou à Notre-Dame-du-Mont-Carmel où les écoles primaires débordent, je serais très inquiet.

Je suis fier de l’organisation performante qu’est devenue la Commission scolaire de l’Énergie parce que nous investissons tous sur l’humain en favorisant la réussite éducative de tous nos élèves et, à la lumière des considérations présentes dans le projet de loi actuel, je n’ai vraiment pas l’impression que les changements proposés sont motivés par des considérations ayant trait à la qualité des services aux élèves » de conclure monsieur Laforest.  
 
 
Information :
Renée Jobin, coordonnatrice
Secrétariat général et Communications
Tél. : 819 539-6971, poste 2340
rjobin@csenergie.qc.ca